Concours avec sujet imposé

Publié le par Kitcham

Petit concours d'écriture entre amis, avec un sujet imposé.

Le sujet :
Le texte, écrit à la façon d'une nouvelle, doit tenir en une page environ. L'histoire doit respecter les consignes ci-dessous :

- Le personnage se réveille

- Une description du cadre et d’un objet
- Une description de l'extérieur et une petite réflexion personnelle
- L'intervention d’un autre personnage
- La fin
 
Et donc, voici le texte que j'ai écrit :


L’homme s’éveille lentement. Il reste immobile, les yeux clos. Il est allongé sur le dos, détendu. Il a passé une excellente nuit, et ça faisait un moment que ça ne lui était plus arrivé.
Avant de se lever, il souhaite profiter encore quelques instants de la fraicheur des draps.

 
Il respire lentement, profitant du moment. Puis finalement se décide, prends une grande inspiration, et dans un même mouvement, ouvre les yeux, se redresse et bascule ses jambes sur le côté du lit. La clarté matinale l’éblouit un instant. Il laisse ses yeux s’adapter, fixant le plancher lustré au sol. La pièce semble se matérialiser peu à peu tandis que sa vue s’habitue à la lumière. Il tend la main vers la table de nuit, avance ses doigts sur le bois rugueux, et referme sa prise sur sa montre qu’il passe à son poignet, notant mentalement qu’il est huit heures et demie. Non que cela ait la moindre importance, il a tout son temps ce matin. L’hôtel lui laisse la chambre jusqu’à midi.

Se levant enfin, l’homme fixe un moment la seule décoration de la pièce, un tableau illustrant un navire voguant dans la tempête. Une vieille croûte sans valeur, il faut bien le reconnaître, d’un rafiot mal dessiné, dans un thème qui n’a rien d’original. D’ailleurs le tableau est légèrement de travers. L’homme s’avance et prend la peine de le redresser. La mer… L’envie lui prend de la contempler.


Il tire de son sac des sous-vêtements, les enfile, puis ramasse son vieux jean. Il était foncé, il est maintenant délavé. Certaines coutures sont craquelées. Le bas commence à s’effilocher. Il sait qu’il devrait le jeter, mais se dit finalement qu’il fera l’affaire pour aujourd’hui. Il se sent bien dedans, et considère qu’après tout, c’est bien là le plus important.

Ainsi affublé, il s’avance vers une porte-fenêtre qui donne sur le balcon, l’ouvre légèrement et sort. L’air frais fouette son visage et son torse nu, le faisant frissonner. Il se sent vivre, et il aime ça. Le temps est frais, mais il s’y attendait à cette période de l’année.

Face à lui, la mer. A l’opposée de celle du tableau, celle-ci est calme, à peine dérangée par de régulières vaguelettes.
Le sable semble humide. Il a dû pleuvoir cette nuit. Pendant quelques minutes, l’homme admire le royaume de Poséidon. Voilà maintenant quatre années qu’il a traversé cette mer pour rejoindre l’endroit où il est aujourd’hui. Il passe souvent du temps le regard dans le vague, où plutôt dans les vagues. Un brin de nostalgie sans doute. Cette vision l’apaise, lui permet de faire le vide dans sa tête, le tri dans ses idées. Face à la mer, il se sent complet.

Un bruit derrière lui. L’homme se retourne vers celle qui a partagé sa nuit. A son tour, elle s’éveille lentement. Elle roule sur son côté gauche, ses fins cheveux roux cascadant sur les draps, presque jusqu’à sa taille. Le vent s’engouffre par la porte-fenêtre ouverte. Sa peau d’albâtre frissonne et l’homme revient dans la pièce, refermant derrière lui. Debout, il contemple silencieusement cette merveilleuse et la splendeur de ses formes enchanteresses. Elle ouvre de magnifiques yeux bleus clairs, croise son regard et lui sourit. Un sourire simple, et pourtant enjôleur. Du pied, elle repousse la couverture, puis se lève sans bruit.

Il reste silencieux devant ce corps d’ivoire semblant tout droit sorti d’un rêve. D’un pas léger, sa chevelure semblant onduler au rythme de ses hanches, elle se dirige vers la salle de bain, mais s’arrête net juste avant d’entrer. Elle se retourne vers lui avec un sourire malicieux, la tête légèrement penchée sur le côté et lui lance un regard invitant à renouveler les délices de la nuit passée.
 
L’homme est seul dans la chambre maintenant. Il entend l’eau couler dans la pièce d’à côté. La porte est restée entrouverte. Il hésite. Sourit. Rapidement, il enfile une chemise, ses chaussures, attrape son sac et sort discrètement de la pièce.

A l’accueil, alors qu’il règle la note, il n’a aucun regret. Il a passé une soirée agréable, et la nuit le fût tout autant. Alors qu’il quitte l’hôtel, il est même fier de lui, se disant qu’au moins cette fois, il ne garderait que de bons souvenirs de cette fantastique rencontre.

Au moment où il fait signe à un taxi, il ne sait pas encore qu’il est tombé sous le charme de cette fabuleuse créature, et qu’il passera le restant de ses jours à tenter vainement de croiser à nouveau sa route.


 

Publié dans La plume et l'épée

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